7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:19

 

23-29 novembre 2009. Atelier de travail "Espèces Exotiques Envahissantes aux Antilles françaises", Guadeloupe

 

Mission en Guadeloupe afin de participer à un atelier de travail sur "les Espèces Exotiques Envahissantes dans les Antilles françaises" organisé par le comité français de l'UICN (www.uicn.fr/Especes-envahissantes-d-outre-mer.html) avec les Directions de l'Environnement (DIREN) de Guadeloupe (www.guadeloupe.ecologie.gouv.fr/) et de Martinique (www.martinique.ecologie.gouv.fr/) et le CAR-SPAW (Centre d'Activité Régionale pour les aires et les espèces protégées de la Caraïbe www.car-spaw-rac.org/), en partenariat avec l'ONF, le CIRAD et le Parc National de la Guadeloupe (www.guadeloupe-parcnational.fr/site.html).

PHOTO HAUT GAUCHE (cliché : JYM). Vue sur le village de Sainte-Claude où s'est déroulé l'atelier de travail, la ville de Basse-Terre située sur le littoral et capitale administrative de Guadeloupe, et les monts Caraïbes (massif volcanique le plus méridional de Guadeloupe, âgé d'environ 5 MA) depuis les pentes du volcan de la Soufrière.
















PHOTOS HAUT MILIEU (cliché : JYM). Plus de 70 participants en provenance des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélémy) et des îles Caraïbes voisines (Cuba, Trinidad et Tobago, Dominique, Saint-Eustache, Sainte-Lucie), ainsi que les coordinateurs locaux des collectivités françaises d'Outre-Mer (Guyane, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Saint-Pierre et Miquelon, TAF, Wallis et Futuna) de l'"Initiative sur les Espèces Exotiques Envahissantes dans l'Outre-Mer français" (photo du bas) et des représentants de l'ONF, CIRAD, MNHN, CNRS, INRA, et du Ministère chargé de l'écologie, étaient réunis pour contribuer à la mise en place d'un plan d'action stratégique pour lutter contre les espèces introduites envahissantes (ou "invasives") aux Antilles françaises.

Guadeloupe-23-29 nov. 2009-coordinateurs locaux

PHOTO HAUT DROITE
(cliché : JYM). Parmi les principales espèces introduites considérées comme envahissantes aux Antilles, figure la fourmi-manioc Acromyrmex octospinosus (Formicidae, Myrmicinae : Attini) signalée pour la première fois en Guadeloupe en 1954. Cette espèce champignonière ("fungus-growing ant"), défoliatrice ("leaf-cutting ant") et polyphage cause des dégats importants dans les zones cultivées mais également dans les milieux naturels en s'attaquant aux fougères arborescentes endémiques du genre Cyathea (PATIN, 2007 www.guadeloupe.ecologie.gouv.fr/Faune,%20flore%20et%20paysages/Documents/Flore%5CFourmi%20manioc_Foug%C3%A8res_2007.pdf).













PHOTO MILIEU GAUCHE
(cliché : JYM). Carte postale sur le raton-laveur commun ou "racoon" Procyon lotor (Procyonidae), espèce protégée par arrêté ministériel depuis 1989 car anciennement considérée comme endémique (sous le nom de Procyon minor) et ayant figurée comme mascotte du parc national de Guadeloupe. Une étude génétique récente a montré qu'il s'agit en fait d'une espèce d'origine américaine, qui aurait été introduite en Guadeloupe vers 1820-40 et vers 1954 en Martinique (LOREVELEC et al. 2001). L'augmentation des populations de cet animal omnivore (il se nourrit de plantes, mollusques, crustacés, reptiles, oiseaux) et ses impacts dans les zones agricoles en font une espèce actuellement "nuisible" !















PHOTO MILIEU
(cliché : JYM). Cecropia schreberiana (Cecropiaceae), une espèce indigène des Antilles et du nord de l'Amérique du Sud, pionnière et cicatrisante des trouées et des lisières de forêts naturelles. Une espèce très proche, Cecropia peltata, originaire d'Amérique centrale, est particulièrement envahissante dans les zones ouvertes et perturbées des îles de la Société (Polynésie française) où elle a été introduite en 1926 comme plante ornementale. Parmi les autres espèces autochtones des Antilles particulièrement envahissantes dans d'autres îles tropicales de l'Indo-Pacifique (Hawaii, Fidji, Wallis et Futuna, La Réunion) figure Clidemia hirta (Melastomataceae) !

PHOTO MILIEU DROITE
(cliché : JYM). Sortie-terrain sur le Col des Deux Mamelles, en bordure de la route traversière du massif montagneux de la Soufrière. Quelques Pandanus des Mascareignes ("vacoas") et tulipiers du Gabon Spathodea campanulata (Bignoniaceae) ont été plantés comme ornementales sur le parking du restaurant et le talus en bordure de route est colonisé par le pin des Caraïbes Pinus caribaea (Pinaceae), planté et naturalisé dans la zone centrale ("coeur") du parc national.

















PHOTOS BAS GAUCHE (cliché : JYM). Panneaux d'information installés par le Parc National de Guadeloupe au pied du sentier conduisant au volcan de la Soufrière (Bains Jaunes vers 950 m et Savane à Mulets vers 1142 m).




PHOTOS BAS MILIEU
(cliché : JYM). Florilège de plantes endémiques des Antilles trouvée à la Soufrière. De haut en bas : fleurs de Lobelia stricta (Campanulaceae), de Beslaria lutea (Gesneriaceae), de Psychotria aubletiana (Rubiaceae), Charianthus alpinus (Melastomataceae),  Gaultheria swartzii (Ericaceae), Miconia vulcanica (Melastomataceae), Psychotria guadalupensis (Rubiaceae), Irlbachia frigida (Gentianaceae).

Guadeloupe-23-29-nov.-2009-Fleur-Lobelia.jpg
Guadeloupe-23-29-nov.-2009-Gesneriaceae.jpg
Guadeloupe-23-29-nov.-2009-Psychotria.jpg
Guadeloupe-23-29 nov. 2009-Charianthus alpinus
Guadeloupe-23-29 nov. 2009-Gaultheria swartzii fleur
Guadeloupe-23-29 nov. 2009-Miconia cf. vulcanica
Guadeloupe-23-29 nov. 2009-Psychotria guadalupensis
Guadeloupe-23-29 nov. 2009-Irlbachia frigida fleur

PHOTO BAS DROITE
(cliché : JYM). "L'éboulement Faujas" est colonisé par les fougères arborescentes Cyathea spp. et ses pentes abruptes sont recouverte de tapis de sphaignes.























PHOTO EXTREME BAS GAUCHE
(cliché : JYM). Le piton volcanique Dolomieu colonisé par les Broméliacées Pitcairnia sp.("ananas rouge montagne"), seules espèces végétales capable de s'y développer.


PHOTO EXTREME BAS MILIEU
(cliché : JYM). L'un des cratères fumant de la Soufrière dont le sommet culmine à 1467 m.


PHOTO EXTREME BAS DROITE (cliché : JYM). Pétroglyphe améridien représentant une femme accroupie en train d'accoucher sur le sentier littoral de la Grande Pointe à Trois Rivières, au sud de Basse-Terre.



 

 

 

 

17 décembre 2009. Dernière mission de l'année : atolls de Moruroa et Hao (Tuamotu)



Mission sur les atolls de Moruroa et Hao (archipel des Tuamotu) sur l'invitation du COMSUP/CEP (Centre d'Expérimentation du Pacifique) et du Délégué à la Sûreté Nucléaire et à la Radioprospection pour les activités et installations intéressant la Défense (DSND). L'objectif de ce court passage à Moruroa, ancien site nucléaire depuis 1966, démantelé en 1996, était de vérifier l'efficacité de traitements expérimentaux (manuels et chimiques) utilisés en 2007 pour lutter contre le filao ou "'aito" (Casuarina equisetifolia, Casuarinaceae), devenu extrêmement envahissant à Moruroa et Fangataufa, et en extension sur l'atoll habité de Hao.

PHOTO HAUT GAUCHE (cliché : JYM). Le "Guardian" de la Marine nationale, un bi-réacteur ("Falcon 20H Gardian" de Dassault, http://frenchnavy.free.fr/aircraft/falcon-20/caracteristiques.htm) pouvant transporter 10 passagers en plus de ses 4 membres d'équipage (pilote, copilote, navigateur et mécanicien), sur le tarmac de l'aérodrome de Moruroa après un vol de 2h30 à partir de la Base Aérienne 190 de Tahiti-Faa'a située à environ 1250 km. Cet avion est utilisé en Polynésie française dans des missions de liaison, d'aérotransport, d'observation et de surveillance, de secours en mer et d'évacuation sanitaire ("EVASAN").
Moruroa Guardian & équipage 17 déc. 2009

PHOTO HAUT MILIEU
(cliché : JYM). Vue aérienne de l'atoll de Fangataufa, autre site d'expérimentation nucléaire entre 1966 et 1970, et de ses îlots coralliens ou "motu" dont certains sont actuellement totalement envahis par le 'aito.
Fangataufa 17 déc. 2009 motu envahi aito

PHOTO HAUT DROITE
(cliché : JYM). le 'aito ou "toa" ("bois de fer" en tahitien) a été introduit sur l'atoll de Moruroa ("le grand secret" en tahitien) comme espèce d'ombrage et pour constituer des haies dès 1966. Les plus gros individus (80 cm de diamètre à la base) sont encore visibles en bordure de route en 2009.
Mururoa-20 octobre 2005-accueil avec aito
Moruroa 17 déc. 2009 aito plantés haie

PHOTOS MILIEU GAUCHE
(cliché : JYM). Du fait de ses capacités de reproduction prolifique, de croissance rapide et de colonisation sur des sols pauvres et/ou perturbés, le 'aito a envahi entre 100 et 150 hectares sur l'atoll de Moruroa, dont l'ensemble des anciennes infrastructures militaires et civiles, bords de route et de piste d'aviation (photos prises en octobre 2005).
Mururoa-20 octobre 2005-aito invasion bunker
Mururoa-20 octobre 2005-invasion aito bunker
Mururoa-20 octobre 2005-Casuarina & route

PHOTO MILIEU DROITE (cliché : JYM). Coupe des 'aito à la tronçonneuse avec les militaires en février 2007 dans une parcelle d'étude choisie dans un peuplement "ancien" caractérisé par une faible densité d'arbres de gros diamètres.
Mururoa-30 janvier-2 février 2007-équipe tronçonnage

PHOTO BAS GAUCHE (cliché : JYM). Pulvérisation avec un herbicide à base de glyphosate ("Asteroide", concentration de 20%) sur des troncs de 'aito écorcés à la machette et entaillés à la hachette en février 2007
Mururoa-30 janvier-2 février 2007-pulvérisation aito

PHOTO BAS MILIEU
(cliché : JYM). Avec entre 5 et 10% de rejets  de souches ou reprises de troncs dans les quatre parcelles permanentes d'étude de 100 m² choisies dans des peuplements "anciens" (faible densité et gros diamètres) et "jeunes" (forte densité et petits diamètres) de 'aito, les résultats des deux types de traitements manuels et chimiques utilisés sont plus qu'encourageant.
Moruroa 17 déc. 2009 parcelle tronçonnée traitée
Moruroa 17 déc. 2009 parcelle écorcée traitée

PHOTO BAS DROITE
(cliché : JYM). Recolonisation du sous-bois par l'herbacée rampante indigène Triumfetta procumbens (Nyctaginaceae). La propagation assistée ou favorisée de la trentaine de plantes indigènes ou "autochtones ("natives") encore présentes sur l'atoll dans les sites de 'aito traités permettrait de contribuer à la réhabilitation écologique de l'île.
Moruroa 17 déc. 2009 Triumfetta procumbens

PHOTO EXTREME BAS GAUCHE (cliché : JYM). Parmi les plantes introduites ou "allochtones" (sur les 110 spèces présentes sur l'île) pouvant recoloniser les zones traitées, figure l'arbuste envahissant Pluchea carolinensis (syn. Pluchea symphytifolia, Asteraceae) qui se répand actuellement aux abords de la route près de la piste d'aviation.

Moruroa 17 déc. 2009 Pluchea

PHOTO EXTREME BAS MILIEU (cliché : JYM). Amas de gravats et de béton ("merlons") sur l'un des sites de démantelement et de nettoyage des installations militaires ("chantier de réhabilitation" d'une durée de 7 ans et d'un coût de plus de 60 millions d'euros) sur l'atoll de Hao, colonisé par le ricin Ricinus communis (Euphorbiaceae) et d'autres rudérales. Le petit arbre Leucaena leucocephala (Mimosaceae), espèce pionnière des zones perturbées et ouvertes comme le 'aito, est localement très abondant dans certains sites nettoyés.
Hao 17 déc. 2009 merlons


PHOTO EXTREME BAS DROITE
(cliché : JYM). L'arbuste lianescent Cryptostegia grandiflora (Asclepiadaceae), communément planté comme ornementale dans les îles de la Société où il ne s'est pas encore naturalisé, est devenu subspontané à Hao avec la présence de nombreuses plantules au sol. Cette espèce originaire de Madagascar est particulièrement envahissante en Nouvelle-Calédonie dans les zones sèches de pâturage sous le nom de "liane de Gatope", et en Australie dans la région tropicale du Queensland sous le nom de "rubber vine" (www.weeds.gov.au/publications/guidelines/wons/pubs/c-grandiflora.pdf).
Hao 17 déc. 2009 Cryptostegia grandiflora naturalisée

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commentaires

Marie-Claire Parsemain 25/01/2010 21:26


Re-bonjour Jean-Yves,

Je suppose que c'était un peu le but... les photos de ton blog me font rêver et me laisse nostalgique un petit peu du Pacifique. Elles ont heureuesement la faculté de me remotiver pour mes projets
de changement de vie (je veux recommencer à voyager sans cesse...).

Je mets un lien sur ma page FB que tu trouveras en tapant parsemain marieclaire .

Je t'embrasse,

Marie-Claire


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